Amis Bibliophiles bonjour,
Pas simple de se mettre devant son clavier et de parler Livres et Bibliophilie cette semaine. J'ai essayé, mais je ne trouvais pas les mots, c'est d'ailleurs encore très difficile.
Aimer les livres, c'est aimer la liberté. Aujourd'hui, chacun de nous est meurtri. Quand on aime les livres et leur histoire on sait aussi qu'agresser ou lutter contre cette liberté d'expression est toujours un combat vain (même s'il est terriblement éprouvant pour ses défenseurs), et dont les lâches agresseurs sortent toujours perdants.
Défendre la liberté c'est aussi une lutte intime, contre ses peurs notamment, dans laquelle chacun de nous mesure sa propre vérité, sa propre tolérance, et peut trouver la possibilité de sortir plus grand, plus fort, meilleur.
C'est l'un des enjeux de ces combats, le piège dans lequel des lâches veulent nous entraîner, ne pas se laisser emporter, surmonter la colère.
Parce qu'ils ne passeront pas.
Parce qu'ils ne passeront pas.
C'est notre réponse à cette horreur qui définira la valeur que nous accordons à la liberté d'expression.
Il ne peut y avoir de négociation ou de compromis dans ce combat. Il est un des piliers de la démocratie.
La liberté de s'exprimer ne peut faire de compromis et ne doit pas reculer face aux sensibilités de minorités. La liberté de choquer de Charlie Hebdo joue un rôle fondamental dans notre société très normée. C'est un garde-fou, un contrepoids essentiel.
Personne ne peut réclamer le droit d'être protégé d'idées qu'il refuse.
Personne ne peut réclamer le droit d'être protégé d'idées qu'il refuse.
Certaines personnes pourtant, au nom de sensibilités culturelles ou cultuelles, veulent nous faire plier, suggérant qu'une certaine forme de respect, définie par eux, doit primer face à la liberté d'expression. Je crois que c'est une erreur. Notre capacité à résister à ces pressions, violentes ou plus insidieuses, elle aussi définira la valeur que nous accordons à la liberté de s'exprimer.
Céder un pouce, c'est ouvrir une brèche. Et cela nous emportera si nous n'y prêtons pas garde.
Les dangers sont multiples. Celui de perdre peu à peu notre liberté de nous exprimer, de penser; des libertés qui passent, nous ne trompons pas, par la liberté de choquer et d'offenser comme le fait Charlie Hebdo, qui œuvre sur la ligne de front.
L'enjeu est aussi notre dignité, celle qui nous aide à ne pas céder à la colère et à ne jamais faire le jeu des obscurantistes. Ce n'est pas facile, nous avons tous dû cette semaine, moi le premier, livrer ces luttes intimes. Ne rien céder.
Restons démocrates, unis et fraternels, unis dans cette diversité qui fait notre richesse, libres et vigilants.
L'histoire du Livre est jalonnée de ce type de luttes et d'interdits. Les bibliophiles savent la valeur du Mot, ils vivent à chaque instant au plus près de tout ce que l'humanité à pu produire en terme de pensées et d'idées.
Les bibliophiles connaissent aussi l'Histoire, souvent leurs recherches les ont confrontés à ces moments intenses où se joue une partie de notre humanité. Cette connaissance est une arme sans pareille.
Les bibliophiles connaissent aussi l'Histoire, souvent leurs recherches les ont confrontés à ces moments intenses où se joue une partie de notre humanité. Cette connaissance est une arme sans pareille.
Même si je n'aurais jamais pensé écrire cela ici, cela nous responsabilise, nous bibliophiles, et fait de nous des combattants de la liberté à notre façon. Il n'y a plus de livres possibles sans liberté de penser et de s'exprimer.
C'est notre réponse qui définira la valeur que nous accordons à ces libertés.
Elle doit être sans faille.
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